étoiler


étoiler

étoiler [ etwale ] v. tr. <conjug. : 1>
estoiler 1611; esteler XIIe; de étoile
1Parsemer d'étoiles. Les astres qui étoilent le ciel. Pronom. Se couvrir d'étoiles. Le ciel s'étoile.
2(1845) Marquer d'étoiles (III). « de larges gouttes de pluie commencèrent à étoiler le trottoir » (Martin du Gard). Fêler en forme d'étoile. Jet de pierres qui étoile une glace, une vitre.

étoiler verbe transitif Littéraire. Parsemer un ciel d'étoiles : La nuit étoile le ciel. Littéraire. Parsemer quelque chose d'objets, de taches qui imitent les étoiles : Étoiler une étoffe de paillettes d'or. Fêler, fendre quelque chose en forme d'étoile : Étoiler une vitre.étoiler (synonymes) verbe transitif Littéraire. Parsemer quelque chose d'objets, de taches qui imitent les étoiles
Synonymes :
- émailler

étoiler
v. tr.
d1./d Parsemer d'étoiles.
|| v. Pron. Se couvrir d'étoiles.
d2./d Marquer, fêler en étoile.

⇒ÉTOILER, verbe trans.
I.— Emploi trans.
A.— Littér. [Correspond à étoile I] Parsemer (le ciel) d'étoiles (ds GUÉRIN 1892, Nouv. Lar. ill.-Lar. Lang. fr., ROB.).
B.— P. anal.
1. [P. réf. à la disposition des étoiles dans le ciel; le suj. désigne des végétaux] Parsemer à la façon des étoiles. Ces petites fleurs bleues qui étoilent les rives des fleuves allemands (MURGER, Scènes vie jeun., 1851, p. 18). Ces plantes frêles mais vivaces qui, quand c'est le printemps, étoilent çà et là la neige des pôles (PROUST, Swann, 1913, p. 385).
2. [P. réf. à la forme de l'étoile]
a) Parsemer de motifs décoratifs figurant des étoiles. Il fallait peindre la voûte, l'étoiler d'or (HUYSMANS, Là-bas, t. 1, 1891, p. 183).
b) P. ext. Laisser une empreinte, une marque en forme d'étoile. De larges gouttes de pluie commencèrent à étoiler le trottoir (MARTIN DU G., Thib., Cah. gr., 1922, p. 636). Les lourds véhicules (...) étoilaient de boue les vitrines des magasins (PEISSON, Parti Liverpool, 1932, p. 25). À la place du cœur, une tache rouge étoilait la chemise [de Castaing] (H. BAZIN, Tête contre murs, 1949, p. 342).
En partic. Occasionner une déchirure, une fêlure en forme d'étoile. La balle siffla entre ses bois, étoila derrière lui l'écorce d'un vieux chêne têtard (GENEVOIX, Dern. harde, 1938, p. 145). Ils n'écornèrent qu'une table et n'étoilèrent qu'une glace (VIALAR, Carambouille, 1949, p. 222). Comme un coup d'épingle traverse l'épaisseur des pliures et étoile ensuite, de place en place, la feuille ouverte de papier (COCTEAU, Fin Potomak, 1940, p. 64).
3. [P. réf. à l'éclat de l'étoile; le suj. désigne une source lumineuse] Ponctuer de lumière(s). Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin, Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques (BAUDEL., Fl. du Mal, 1857, p. 105). L'obscurité profonde, que les feux étoilaient de rouge (ZOLA, Débâcle, 1892, p. 122) :
... Quasimodo, inspectant Paris du haut de son clocher, n'y voyait plus briller qu'une lumière, laquelle étoilait une vitre à l'étage le plus élevé d'un haut et sombre édifice, à côté de la porte Saint-Antoine. Cet édifice, c'était la Bastille. Cette étoile, c'était la chandelle de Louis XI.
HUGO, Notre-Dame de Paris, 1832, p. 484.
II.— Emploi pronom.
A.— [Correspond à étoile I] Se couvrir d'étoiles. Je regardais le ciel S'étoiler (...). Je pensais :« La nuit vient; tout va bientôt se taire; C'est l'instant de l'amour, et Vénus a brillé » (DIERX, Poèmes, Crépuscule, 1864, p. 14). Le jour s'étant éteint, la nuit s'étoilait peu à peu, surtout vers l'Orient d'où montent toutes les étoiles (BOSCO, Mas Théot., 1945, p. 335).
B.— P. anal.
1. [P. réf. à la disposition des étoiles dans le ciel] Les basilics et les mélisses s'étoilaient de fleurettes blanches (HUYSMANS, Oblat, t. 2, 1903, p. 240).
2. [P. réf. à la forme de l'étoile] Se déchirer, se fêler en étoile. Une vitre de la devanture venait de s'étoiler brusquement (HUGO, Misér., t. 2, 1862, p. 303). Un petit coup sec vint à sonner contre la fenêtre dont un carreau s'étoila, comme s'il eût été frappé d'un grêlon (GAUTIER, Fracasse, 1863, p. 398).
3. [P. réf. à l'éclat de l'étoile]
a) S'allumer. Les lampes des chapelles commençaient à s'étoiler, tant les voûtes devenaient noires (HUGO, Misér., t. 2, 1862 p. 293).
b) [Le suj. désigne un lieu] S'éclairer de points lumineux. Le village s'étoilait de points lumineux (ZOLA, Terre, 1887, p. 114). Tous les feux du ciel et de la terre s'allument. Les maisons de proche en proche, le firmament d'espace en espace s'étoilent à la fois (PESQUIDOUX, Chez nous, 1923, p. 203).
c) P. métaph. Les yeux de la jeune femme s'étoilèrent (PROUST, Sodome, 1922, p. 852).
Prononc. et Orth. :[etwale], (il)étoile [etwal]. Ds Ac. 1798-1932. Étymol. et Hist. 1. Ca 1120 cel estelet (BENOIT L'APOSTOILE, Voyage de Saint Brendan, éd. E. G. R. Waters, 1284); 2. 1636 étoilé « façonné en étoile » (MONET); 3. 1690 s'estoiler « fêler en forme d'étoile » (FUR.). Dér. de étoile; suff. ; dés. -er. Fréq. abs. littér. :57.
DÉR. Étoilement, subst. masc. [Correspond à étoiler IB et IIB] Rare. Action d'étoiler, de s'étoiler; résultat de cette action. a) [P. réf. à la disposition des étoiles dans le ciel] C'est l'étoilement de la verdure, au fond de mon jardin, par toutes ces roses (GONCOURT, Journal, 1883, p. 262). b) [P. réf. à la forme de l'étoile] P. ext. Synon. fêlure en étoile. Il a le fendillement vitreux, l'étoilement d'un carreau fraîchement cassé (E. DE GONCOURT, Mais. artiste, 1881, p. 298). c) [P. réf. à l'éclat de l'étoile] Entrant par les hautes fenêtres du dortoir, venant blanchir imperceptiblement l'étoilement de ses quatre veilleuses accroupies sur leurs lits d'huile grasse (COURTELINE, Femmes d'amis, Tante Henriette, 1894, p. 62). []. 1res attest. a) ca 1185 estellement « l'ensemble des étoiles » (ALEXANDRE DE PARIS, Alexandre, III, 4971 in Elliott Monographs 37, p. 254) attest. isolée; b) 1845 étoilement « fêlure en forme d'étoile » (BESCH. Suppl.); c) 1870 « disposition rayonnante, en étoile » (Lar. 19e); du rad. de étoiler, suff. -(e)ment1. Fréq. abs. littér. : 3.

étoiler [etwale] v. tr.
ÉTYM. V. 1120, cel esteler; estoiler, 1611; de étoile.
1 Parsemer, garnir d'étoiles. || Les astres qui étoilent le ciel.Pron. Se couvrir d'étoiles. || Le ciel s'étoile.Par anal. Littér. Former une, des étoiles, des points lumineux dans l'obscurité. Éclairer.
1 À peine quelque lampe au fond des corridors
Étoilait l'ombre obscure.
Hugo, les Chants du crépuscule, XXXIII, I.
2 Alger s'étoilait de lumières, et partout où se cachait une habitation, la campagne obscure était piquée d'un feu rouge.
E. Fromentin, Une année dans le Sahel, p. 113.
3 Et des parcelles d'or, ainsi qu'un sable fin,
Étoilent vaguement leurs prunelles mystiques.
Baudelaire, les Fleurs du mal, Spleen et idéal, « Les chats ».
4 (…) les robes blanches, rayonnèrent, peu à peu, étoilant l'ombre de leurs constellations vaporeuses où, parfois, un éventail, battant une gorge, mettait un scintillement de lumière.
Edmond Jaloux, le Jeune Homme au masque, I, p. 2.
Fig. || Étoiler une robe de paillettes.Les paillettes qui étoilent une robe.
2 Former une, des étoiles sur (qqch.).
5 (…) l'orage approchait; de larges gouttes de pluie commencèrent à étoiler le trottoir.
Martin du Gard, les Thibault, t. I, p. 90.
3 Fêler en forme d'étoile. || Étoiler une glace, une vitre.Pron. || Le pare-brise s'est étoilé sous le choc.
——————
étoilé, ée p. p. adj.
ÉTYM. (1636).
1 Semé d'étoiles. Constellé. || Ciel, firmament étoilé. || Nuit étoilée, voûte étoilée (→ Chaud, cit. 2). || Poussière étoilée.Syn. : poussière d'astres.
6 Grand Dieu, qui fais briller sur la voûte étoilée
Ton trône glorieux (…)
Racine, Poésies diverses, VII, « Mercredi des vêpres ».
7 (…) le ciel étoilé ne compte pas moins, pour qui peut le comprendre, que la terre où nous avons pied (…)
André Suarès, Trois hommes, « Ibsen », IV.
N. f. Régional. || L'étoilée : le ciel étoilé. || Coucher à l'étoilée, à la belle étoile, dehors.
2 Par ext. Parsemé de choses brillantes, scintillantes. || Cercle étoilé d'un lustre (→ Cristal, cit. 15).Robe étoilée de paillettes.
8 Cloris n'est que parée et Cloris se croit belle; En vêtements légers l'or s'est changé pour elle; Son front luit, étoilé de mille diamants.
N. J. L. Gilbert, le Dix-huitième Siècle, in Littré.
9 (…) plusieurs (éventails) étaient étoilés de rubis, de diamants et autres pierres précieuses (…)
Th. Gautier, Voyage en Espagne, p. 65.
3 a Qui porte des étoiles dessinées ( Étoile, III., C., 4.). || Le bâton étoilé des maréchaux de France.Par métonymie :
10 Un ami non sans malice exige que je lui dise ma pensée sur la présence du maréchal Juin à Tunis, auprès de M. Mendès-France. Je répondrai sérieusement et même gravement que ce retour de bâton étoilé revêt, à mes yeux, une grande signification au point de vue politique.
F. Mauriac, Bloc-notes 1952-1957, p. 118.
La bannière étoilée : le drapeau des États-Unis d'Amérique.
b Zool., bot. Qui porte des taches en forme d'étoile. || Un paon étoilé.
4 Disposé en rayons partant d'un centre comme les rayons d'une étoile figurée. || Feuilles étoilées : petites feuilles verticillées disposées en rayons. || Anis étoilé, à capsules en étoile ( Badiane).
Géom. || Polygone étoilé.
5 Fêlé en étoile. || Vitre, glace étoilée. || Pare-brise étoilé.
DÉR. Étoilement.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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